Genfer Kampagne gegen das Bettelgesetz

Elf Autorinnen und Autoren aus Genf und Umgebung lasen am 10. März ihre Texte zur Unterstützung der Petition für die Abschaffung des Gesetzes der Strafbarkeit des Bettelns.

 

Mitwirkende AutorInnen und KünstlerInnen: Alain Bagnoud, Anne Bisang, Agnès-Maritza Boulmer, Miruna Coca-Cozma, Heike Fiedler, Anne Pitteloud, Philippe Rahmy, Sylvain Thévoz, Dominique Ziegler.

Das Genfer Bettelgesetz wurde 2007 vom Grand Conseil beschlossen. Es machte das Betteln zu einer Straftat: Die Polizei muss bettelnde Personen büssen und sie vorübergehend festnehmen, auch in Begleitung ihrer Kinder. Die Minderjährigen werden dem Amt für Kinder- und Jugendschutz übergeben und damit den Eltern entzogen. Von diesen Massnahmen sind vorab die Roma betroffen.

Dank dem Engagement verschiedener Organisationen konnten am 20. April 2012 dem Grossen Rat über 3000 Unterschriften übergeben werden. Sollte dieser die Behandlung auf die lanke Bank schieben, wollen die unterstützenden Organisationen eine Initiative lancieren.

Auf der Website www.mesmrom.org werden unter anderem die Auswirkungen dieses Gesetzes verfolgt. Siehe auch die Website des Europarats www.coe.int/t/dg3/romatravellers/ (Der Europarat fördert die Integration der Roma und Fahrenden.)


Dominique Ziegler


En finir avec les pauvres

Maître Sarkozy dans son Fouquet’s perché
Dînait avec ses amis pleins de fric
Mais ne s’étant pas assez bien camouflé
Il se mit à dos l’opinion publique

L’hiver arriva plus tôt que prévu
Malgré l’appui de ses amis requins
Le petit roi se trouva bientôt nu
Et se terra dans sa grotte de magicien

Retiré au fond de son antre secrète
Il consulta ses gothiques grimoires
Il fallait trouver d’efficaces  recettes
Au chapitre des anciens exutoires

Sarko avait déjà trop utilisé
Les Arabes, les jeunes et les Noirs
Mais il vit au détour d’une page écornée
Un vieux plan dont il avait perdu mémoire

Il y avait soixante ans Adolf un grand mage
L’avait conçu puis réalisé
D’accord, le stratagème avait de l’âge
Mais dépoussiéré il pouvait encore marcher

Une population aux traditions étranges
Nomade multiforme insaisissable
Arborait fièrement son unique mélange
Avec une liberté intolérable

Il restait douze millions de tziganes
Gens du voyage qu’importe leur nom
Qui se déplaçaient en caravanes
Par-dessus les règles et les nations

Le coup était tentant, la cible facile
Il prépara la pâte et la farine
Pour rouler dedans le peuple versatile
Et y ajouta un zest de vaseline

« Alors déjà ils ne vivent pas comme nous…,
S’offusqua Nico face aux caméras,
…Mais ce qui suscite vraiment mon courroux 
C’est qu’ils ont une plus belle bagnole que toi !

Oui, apprends donc mon brave citoyen
Que pendant que tu te crèves au turbin
Les manouches non seulement ne glandent rien
Mais s’achètent des voitures de rupin

D’où vient le pognon pour ces carrosseries 
Alors que tu trime pour trois fifrelins ?
Sans doute de tes propres économies…
Les cambriolages sentent toujours le roumain ! »

De retour dans son palais rutilant
Sarko interrogea le sage Guéant
« Que pensez-vous de cette recette d’antan
Est-elle encore adaptée au monde d’à présent ? »

« Ecoutez mon seigneur, fit Guéant le sicaire,
Un demi-million de Roms on brûlé
Dans les chaudrons du mage Hitler
Les braises sont toujours bonnes à souffler »

Sarko rassurée alla jouer au golf
Avec ses amis Arnaud et Bernard
Il leur dit : « Béni soit le mage Adolf
Grâce à lui on est un moment peinard ! »

Non loin de là au comté de Genève
Pleurait doucement un fan de Sarkozy
L’apprenti sorcier Lüscher plein de sève
Voulait imiter l’idole de sa vie

« Je fais du golf, j’ai des copines canons
Je porte une Rolex, j’ai acheté un yacht
Comme lui j’ai des amis riches et cons
Mais j’ai beau faire, je n’arrive pas à sa botte. »

Au même moment le téléphone retentit
C’était un dictateur qui faisait ses valises
« Christian, lui dit-il sans faire de chichi,
J’ai besoin de dollars aussi blancs que tes chemises ! »

Alors que Lüscher cherchait les mallettes
Le téléphone encore une fois retentit
Le fringant Christian stoppa sa course, net.
« Bon sang, se dit-il, si c’était Sarkozy ?! »

« Allos ? », fit-il d’une voix tremblotante
« Adieu ! » entendit-il à l’autre bout du fil
« Alors comment va ?, fit la voix vociférante,
C’est Jornot ton pote de la droite immobile. »

« Justement, cria Lüscher au téléphone,
Faut qu’on se bouge comme mon king Nicolas
Ce que j’aime chez lui c’est sa testostérone
Il faut une droite qui sente sous les bras ! »

« T’as raison on s’encroûte, fit Olivier,
Mais c’est comme ça quand on roule pour les banquiers
Plus besoin de se battre, y a juste qu’à lécher
Au fait cet hiver tu veux venir chez moi à Verbier ? »

« Non,  je veux montrer que j’ai des couilles
Je resterai à Genève pour bien les exposer
Et j’ai encore une série de magouilles
Que je dois finir de camoufler. »

Olivier lui dit : « Quel rapport entre tes burnes
Et ton cabinet d’affaires privées ?
Mais pourquoi cette humeur taciturne
Ce soudain besoin de s’affirmer ? »

« Parce que, répondit Christian Lüscher,
J’ai réfléchi à la marche de la société
J’ai eu une pulsion visionnaire
Entre deux courses de voilier.

Un jour ou l’autre le peuple se réveillera
Plus tard qu’ailleurs je te le concède
Mais il ne fera pas bon être toi ou moi
Le jour ou la révolution succède ! »

Jornot rétorqua : « Je ne vois qu’une chose
Balançons les flics sur la populace
Pour les gueux il suffit d’une bonne dose
De beignes pour remettre les idées en place. »

Mais Lüscher ne l’entendit pas ainsi :
« Olivier, dit-il, tu manques de stratégie
Il faut faire comme ma star Nic Sarkozy
Et détourner l’attention sur les plus petits.

Il faut monter le peuple contre les Roms
Et le souder autour de nos idées
Créer le trouble comme le ver dans la pomme
Et guérir un problème de toute pièce inventé

Présentons des lois débiles sans tarder
Par exemple : amender la mendicité
Un pauvre qui quémande de quoi bouffer
C’est surement qu’il regorge de blé ! »

« Les Genevois sont-ils assez cons pour gober ?,
Fit Olivier par le fumet alléché,
Ma foi ça vaut la peine d’essayer
On gagne des couilles et la stabilité »

Lüscher rebondit alors dans la foulée :
« Oliv, Zappelli est carbonisé
Présente toi comme procureur sans tarder
Demande à Weiss si tu peux y aller. »

« Formidable, fit Ol, les Roms seront coincés
Les flics dans les rues, Rambo à la justice
Il manquerait plus pour compléter
Que tu deviennes leur avocat commis d’office ! »

« Elle est bien bonne, se bidonna Christian,
Remarque s’ils ont de quoi payer…
L’argent n’a pas d’odeur même le gitan
On fait quand même un merveilleux métier.

Alors pour exciter la population
Je commande un article GHI
Un truc bien choc bien gros bien con
Du style : la pleine de Plainpalais envahie !

Les Roms sont partout, même les puces du marché
Ils les ont volés pour faire des élevages
Car les nôtres sont de meilleure qualité
Les commerçants se plaignent de ces sauvages. »

Olivier dit : « Super, moi j’appelle la télé
Un reportage tous les jours hiver comme été
Et puis aussi Le Matin, journal super acéré,
On leur écrit tout, y font que publier. »

« Eh bien, fit Christian, l’affaire est emballée
Entre Orban le hongrois, l’Union européenne
Le régime roumain et Sarko ma divinité
La tziganerie va moins faire des siennes !

On aura contribué à ce progrès
Avec une loi déposée à notre nom
Ce soir je vais me coucher satisfait
Ah excuse, un téléphone du Gabon. »

Olivier percute : «  Si c’est le fils Bongo
Dis-lui qu’il se fasse pas de mouron
Le monde évolue on est tous égaux
Nos Roms vivent autant qu’un nègre du Gabon ! »

Et dans les décharges au bord des villages
Sur les parkings de la périphérie
Moins bien traités que des lapins en cage
Les Roms attendaient qu’on leur montre la sortie

Douze millions d’Européens de troisième zone
A la mortalité infantile la plus élevée
A l’espérance de vie la moins bonne
De notre continent civilisé.




 




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